Surmonter la crise dans l’aéronautique 

 

Pour l’adaptation du dispositif temporaire d’activité partielle afin de sauvegarder l’emploi, le savoir-faire et le secteur industriel

 

Par Denis Jeambrun*

Nous le savons (voir l’article ici) l’aéronautique, comme bien d’autres secteurs, souffre énormément de la crise du covid.

La CFTC propose, sur le long terme, une vision systémique de l’écosystème. Depuis la conception des aéronefs, des infrastructures ou de la production de l’énergie propre, jusqu’au démantèlement, en passant par l’exploitation, la maintenance, etc. Dans cette vision, planifiée par les Etats et l’Europe, les conséquences de la crise doivent être traitées comme un tout cohérent. Or, avec le fort ralentissement de l’activité aéronautique, les compagnies aériennes constituent le premier maillon du jeu de domino qui risque de tomber. Cependant, au même titre que le ferroviaire ou que les infrastructures routières, elles sont des éléments capitaux de souveraineté pour les Etats, et il est peu probable que les Etats laissent leurs champions aériens nationaux faire faillite. Dès lors, les avionneurs et leurs nombreux sous-traitants devraient être également protégés de telles défaillances. Mais cela reste de la théorie. Car les Etats ne se sont pas encore clairement positionnés sur le sujet. D’autre part et même lorsque cette situation se sera éclaircie, chaque agent économique cherchera à maximiser ses gains, même au détriment des autres.

Ainsi, à court terme et pour fluidifier les commandes qui ne percoleraient pas tout le long de la chaîne aéronautique, il faut des dispositifs d’aide temporaires pendant la crise. Un dispositif existe déjà : c’est l’APLD (Activité Partielle de Longue Durée : article 53 de la loi n°2020-734 du 17 juin 2020). Cependant, il est limité dans le temps (24 mois maximum sur une période d’application qui ne peut excéder 36 mois). Or, personne ne sait quand cette crise prendra fin (au moment où sont rédigées ces lignes). Donc, les entreprises qui doivent maintenir l’emploi pendant la période de l’APLD, préfèrent souvent licencier maintenant pour ne pas risquer d’avoir à payer des salariés à l’issue de la période alors que la situation ne se sera peut-être pas améliorée, voire aggravée.

Pour la CFTC, ce délai de 2 ans est trop court pour donner confiance aux décideurs. Car il semble très probable que la situation ne sera pas revenue à la normale d’ici deux ans dans le monde aéronautique. Un délai de 4 ans au moins semble plus en accord avec les prévisions de reprise à l’horizon 2024 ou 2025. Une solution plus « adaptative » pourrait être envisagée : il s’agirait de pouvoir reconduire le dispositif d’APLD, par période d’un ou deux ans, pendant la crise. Rappelons aussi que le dispositif d’APLD peut être interrompu à tout moment si l’activité économique reprenait plus vite que prévu.

Dans l’esprit qui a prévalu à la création de l’APLD, nous éviterions de détruire des emplois industriels, non seulement pendant la durée de la crise Mais aussi au-delà. Car nous savons tous que recréer de l’emploi est bien plus difficile et coûteux, quand cela ne s’avère tout simplement pas impossible (par exemple, lorsque ces emplois partent hors Europe), que de le maintenir pendant une crise. Nous devons tous être acteurs de notre adaptation pour ne pas devenir les spectateurs d’une catastrophe industrielle annoncée. Le choix entre des salariés en activité partielle pendant quatre ans et des salariés mis au chômage immédiatement, donc pris en charge par l’Etat, paraît une évidence. Le maintien de l’emploi aura aussi pour conséquence de préserver nos savoir-faire, nos outils industriels, notre industrie.

Évidemment, il ne s’agit pas d’adopter une attitude conservatrice et passéiste. L’aéronautique doit aller de l’avant et proposer de nouvelles solutions de transport plus efficaces et écoresponsables. Nous l’avons dit et nous en reparlerons.

* Denis Jeambrun est Responsable fédéral aéronautique et Défense, vous pouvez le contacter à : denis.jeambrun@cftcmetallurgie.com

 

  1. Fédérer les salariés sera un defit majeur pour nos entreprises, afin que chaque individu donne encore le meilleur de lui pour que le collectif industriel gagne.

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