Brouiller les pistes pour asseoir son pouvoir

Telle est la thèse développée par Jérôme Sainte-Marie dans son livre : »Bloc contre Bloc, la dynamique du macronisme ». Ce qui suit n’engage pas cet auteur mais seulement l’auteur de ce billet de blog, qui a vécu des résonnances lors de la présentation du livre sus-mentionné. Il en ressort in fine des axes d’action syndicale auprès des travailleurs et de leurs familles.

Depuis son accession au pouvoir présidentiel par un ensemble minoritaire de personnes sociologiquement en situation de privilège, fidèlement porté ensuite par les nouveaux venus de l’assemblée nationale qui vivent cette accession à l’hémicycle comme un privilège personnel, Emmanuel Macron réforme à tour de bras, autoritairement, mais non sans charisme.

Il brouille le référentiel anthropologique (réformes sociétales), le référentiel social (réformes du droit du travail, de l’assurance chômage, des retraites), le référentiel fiscal (prélèvement à la source), le référentiel politique (laminage des partis traditionnels).

Il brouille les repères de ses adversaires pour garder et consolider le pouvoir : c’est du Crozier à 24 carats. On trouvera par conséquent son aire de jeu dans ce qu’il ne change pas : la financiarisation du monde et l’économie de marché. Car a-t-il fait un pas vers une taxe Tobin? Vers une TVA sociale? Vers un protectionnisme national ou européen? Vers une harmonisation européenne par la réglementation? vers une dénonciation réelle des accords de libre-échange? Non. A peine a-t-il fait un pas sur les questions écologiques, qu’il ne faut ni négliger, ni surestimer.

Esprit malin PYGomez

Pourquoi cette insistance sur les flux commerciaux et financiers? Pierre-Yves Gomez y répond dans son livre « l’esprit malin du capitalisme » : il y a tellement d’argent en circulation que le travail productif ne suffit pas à lui conférer un rendement attendu par les investisseurs. Donc la seule façon qu’ils ont de lui donner une rentabilité est de le faire spéculer, ce qui gonfle la bulle.

Une crainte légitime est que tout cela, qui n’est que fiction humaine construite loin des lois de la nature, finisse par s’effondrer, faute d’une anthropologie solide, consciente des réalités naturelles, humaines. Comment? On ne sait pas, ce qui rend la préparation difficile. En revanche, ce que l’on sait, c’est que l’espèce humaine et ses diverses cultures sont fondées sur les liens familiaux : il faut les retisser solidement, solidairement. Ce que l’on sait aussi, depuis Platon, Aristote et tant d’autres, c’est que la vocation de l’homme au bonheur se réalise en aimant ses semblables et en désirant se donner librement à eux par des actes de service. C’est sur cette finalité là, qui oriente la définition du bien commun, que le syndicalisme peut travailler, dans les entreprises, les écosystèmes locaux des quartiers et des villages, pour que les travailleurs soient résilients aux catastrophes qui ne manqueront pas d’arriver.

Comment cela peut-il se traduire? Chacun aura certainement plein d’idées; en voici quelques-unes :

  • Par du temps retrouvé : un temps de travail efficace, ajusté au besoin des familles et des saisons
  • temps de mise à disposition dans les associations caritatives ou éducatives, par exemple, au titre de la RSE.
  • Par une certaine économie de son énergie : il faut en garder pour le soir auprès des enfants et des associations, dont on sait que c’est grâce à elles que la France ne vole pas en éclat.
  • Par la construction d’une transition entre vie professionnelle et vie de retraité, transition cotisante, valorisée.
  • Par la constructions de nouvelles œuvres sociales dans les CSE, qui soient moins consuméristes et plus orientées vers le lien social : CESU pour les salariés aidants familiaux, financement de fondations, participations dans des entreprise à buts sociaux dans lesquelles les salariés sont investis…

C’est par l’initiative que l’on garde soi-même la main sur sa vie, pas en se laissant faire. Comme le rappelle Pierre-Yves Gomez : il n’y a pas de fatalité, il n’y a que des démissions.

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