Demain, quelle CFTC ?

Depuis avant sa création, la CFTC a été dans des combats sociaux pour accompagner les travailleurs et faire respecter leur dignité. Elle a été éclairée par des penseurs lumineux qui sont à l’origine d’un grand élan de vitalité pour un monde réellement fraternel qui se soucie de toutes les pauvretés. Les bonnes idées mettent souvent du temps à germer, après des phases expérimentales locales.

  • Rerum Novarum. A ses débuts,  entre la fin du XIXème siècle et les années 1930, la CFTC (et ses précurseurs) ont combattu pour la promotion sociale des travailleurs et en particulier  des travailleuses,  par la formation professionnelle.

Marie-Louise Rochebillard.

  1. Puis, dans les années 1920, est venu le temps des combats pour la protection sociale, le repos  et la santé. La CFTC a construit des propositions de dispositions qui ont abouti aux accords de Grenelle et, en 1945, à la création de la sécurité sociale.  La CFTC a combattu pour réduire les concurrences déloyales en proposant la régulation par professions, ce qui a abouti plus tard à la notion  de « convention collective de branches professionnelles » :

Madeleine Tribolati.

  • Quadragesimo anno. Dans les années 1945-1970, la CFTC authentique – pas celle qui a abouti à la création de la CFDT – a combattu pour des relations sociales qui sortent du schéma de lutte de classe : l’époque était à la guerre froide et à la fascination de certaines élites syndicales pour le système soviétique.
  • Populorum progressio. La CFTC a combattu pour la démocratie sociale : instauration de la participation à la gouvernance, la création des CE avec compétence en matière de santé et de prévention des risques.
  • Cette période a aussi été celle de la construction des plans d’accompagnement social des transitions industrielles : mines, sidérurgie, textile.
  • Les années 70-90 ont été celles de la judiciarisation du monde du travail. Devant l’augmentation des conflits, la CFTC a construit le dispositif de conciliation et de médiation.
  • Laborem exercens. Les années 1980-2010 ont été celles de l’individualisation, et également de la fin annoncée des carrières stables. Les visionnaires (ou faiseurs d’opinion) parlaient déjà de flexibilité, de parcours chaotiques multi-employeurs. La CFTC a intégré cette précarisation annoncée en proposant le « statut du travailleur », qui attache des droits aux personnes plutôt qu’au contrat de travail désormais instable : compte personnel de formation, droits « rechargeables », etc.

  • Caritas in veritate. Les années 2000-2020 sont celles de la mondialisation des échanges, des données et d’une grande mutation due au numérique. La CFTC constate que désormais, les moyens de savoir permettent, par la « traçabilité sociale », d’acheter et de commercer en connaissance de cause. Un acte d’achat est un acte politique et social, c’est l’acceptation d’un prix et, par conséquent, des conditions sociales et environnementales qui ont présidé au développement du bien ou du service achetés.
  • Laudato si. Les années 2010-2050 sont celles des grands dangers écologiques provoqués par l’animal prédateur qu’est devenu l’être humain, dont la puissance technologique est exponentielle, et dont les appétits de pouvoir sont insatiables, parce qu’ils ne peuvent pas combler l’âme humaine. C’est le retour au scientisme de Jules Verne, avec ses folies. C’est le retour à la liberté libérale-libertaire par la déconstruction des régulateurs sociaux (branches, code du travail) et les innovations sociétales : les pathologies du XIXème siècle mises à la puissance mille du fait de nos pouvoirs technologiques.  On en est là aujourd’hui.

Quel doit être alors le combat de la CFTC ? Il sera de proposer au monde du travail de sortir de la perspective étroite du rendement, du pouvoir, de l’efficacité, de la « pensée magique » et de la « toute-puissance » qui témoignent d’un esprit infantile et immature, de l’auto-référencement de l’agir humain des uns sur les autres qui se traduit concrètement par une avidité insatiable, une prédation généralisée des uns envers les autres et envers les ressources naturelles. Considérées comme des finalités, ces perspectives se retournent contre l’Homme et l’enferment dans des impasses déshumanisantes.

Cette sortie est possible en remettant la finalité de l’économie dans une perspective de bonheur vrai, plein, non décevant : le travail est, par nature, au service du bonheur de tous, de l’humanisation de tous.  Un bonheur pour combler l’Homme, doit à la fois l’habiter intérieurement et le dépasser infiniment. La CFTC doit être plus que jamais spirituelle parce que le combat du non-sens auquel nous faisons face est un véritable combat spirituel.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Dernières news

Suivez-nous sur Twitter !

Abonnez-vous @CFTCmetal78 : Vous pourrez rebondir sur l’actu et commenter nos infos et commentaires : nous sommes abonnés aux comptes Twitter de nos députés des Yvelines...

Proportion is beautiful

Dans un article intitulé “le gigantisme dissout le lien social”, (revue Permanences) le mathématicien Olivier Rey nous montre que la croissance est une chance pour...

QVT : quelques pistes

Teaser : Pour une QVT réelle, il faut penser “Qualité de Vie PAR le travail”, “plutôt que Qualité de Vie au Travail”, car la personne...

actualités CFTC métallurgie

Congrès fédéral à Deauville du 15 au 17 septembre

  Après plusieurs reports en raison de la crise sanitaire, le Congrès fédéral se déroulera à Deauville du 15 au 17 septembre 2021. Seront soumis...

Revue de presse de la CFTC Métallurgie

Pour compléter cette revue de presse, suivez nous sur Twitter. L’aluminium atteint les 3000 dollars la tonne, nouveau plus haut depuis 2008 : La production...

La CFTC Airbus Helicopters et le télétravail

  La CFTC  d’Airbus Helicopters vient de diffuser un tract intitulé : “Télétravail : le challenge de l’automne!” Après avoir fait le point sur la...

Nous Connaître

Dans un monde en constante évolution construisons un nouveau contrat social

CDD, CDI, intérim, chômage, formation, temps partiel, création d’entreprise, congé parental, les risques de rupture qui jalonnent la vie professionnelle se multiplient… La vie d’un actif ne saurait se résumer au statut de salarié. La souplesse est de mise, mais elle ne doit pas être un engrenage vers la précarité.

Découvrez notre projet

Retrouvez la #Yvelines sur :

Téléchargez le magazine

Téléchargez le magazine

Téléchargez

Adhérez

Adhérez à une organisation syndicale, pour être acteur de votre vie professionnelle.

La CFTC, c’est vous !

Rejoignez la CFTC

Militez

Militer à la CFTC, c’est être constructif et faire vivre un projet de société.

Militez avec la CFTC

Toute la CFTC Métallurgie dans votre poche

Découvrez l’application mobile disponible sous iOS et Android  et soyez informé(e) en temps réel des dernières actualités de la CFTC Métallurgie.